Technologie: Steve Jobs, un patron de fer

Posté par: Visiteursur 07-10-2011 22:52:46 879 lectures Le co-fondateur d'Apple Steve Jobs a mené le groupe d'une main de fer pour le mener au sommet, ne reculant pas devant la dureté dans sa quête de la perfection

Depuis l'annonce de son décès mercredi, les hommages à son "génie visionnaire" n'ont cessé de pleuvoir, mais ceux qui ont eu l'occasion de l'approcher ont aussi dressé le portrait d'un homme qu'il valait mieux éviter de contrarier.


"Il √©tait comme une rock star, avec une personnalit√© sur sc√®ne, et une autre quand il avait eu une mauvaise journ√©e", se rappelle Jay Elliot, qui fut durant cinq ans directeur des ressources humaines aux d√©buts d'Apple, et qui a publi√© en d√©but d'ann√©e le livre "The Steve Jobs Way", analyse des m√©thodes de gestion √† la fa√ßon Apple. Le magazine Forbes a class√© Steve Jobs, r√©put√© sans piti√© et impliqu√© dans tous les d√©tails de la gestion de l'entreprise, au "Panth√©on des patrons tyranniques". "Il avait un c√īt√© cruel", affirme √©galement l'analyste ind√©pendant Rob Enderle. "Malgr√© tous ses succ√®s, il avait un incroyable complexe d'inf√©riorit√©, et ne r√©agissait pas bien quand il se sentait menac√©". Les anecdotes sont l√©gion sur des employ√©s licenci√©s pour des motifs plus ou moins l√©gers, et les √©preuves inflig√©es aux nouvelles recrues. Un jour on lui avait demand√© de remonter le moral d'une √©quipe d'Apple en difficult√©s - au lieu de cela, il avait livr√© un sombre pronostic sur la dur√©e de leur contrat au cas o√Ļ les choses ne s'am√©lioreraient pas. L'√©quipe s'√©tait am√©lior√©e. Pour M. Elliot, ceux qui critiquent Jobs oublient souvent le contexte: s'il y avait des affrontements brutaux avec les employ√©s et une inclination √† suivre de tr√®s pr√®s les projets en d√©veloppement, c'√©tait pour obtenir le meilleur produit, pas pour viser personnellement ses interlocuteurs. "Il essayait simplement de faire de son mieux pour am√©liorer les produits et l'entreprise", ajoute M. Elliot, soulignant qu'Apple est l'une des entreprises du secteur de la high-tech o√Ļ le taux de renouvellement des employ√©s est le plus faible. "Sa qualit√©, qui √©tait de changer le monde avec des produits incroyables, d√©passait de tr√®s loin ses d√©fauts qui heurtaient des gens", conclut-il. Notoirement r√©ticent √† la philanthropie, il avait supprim√© les programmes caritatifs d'Apple lorsqu'il √©tait revenu √† la t√™te de l'entreprise en 1997. Son go√Ľt du secret est bien connu. Il se gardait bien de mettre en sc√®ne sa vie priv√©e, et au niveau de l'entreprise, la discr√©tion √©tait √©rig√©e en dogme, si bien que cette semaine encore les causes officielles de sa mort n'ont pas √©t√© r√©v√©l√©es par le conseil d'administration.

Steve Jobs, qui a eu trois enfants avec sa femme Laurene entre 1991 et 1998, √©tait devenu p√®re d'une fille quand il avait 23 ans, mais il n'a jamais subvenu √† ses besoin et a mis des ann√©es avant d'admettre sa paternit√©. En ao√Ľt dernier, son p√®re biologique Abdulfattah John Jandali, un octog√©naire n√© en Syrie qui dirige aujourd'hui un casino dans le Nevada (ouest), avait d√©clar√© au tablo√Įde New York Post qu'il ne l'avait jamais connu: sa m√®re biologique l'avait fait adopter √† sa naissance en raison de l'opposition de sa famille √† leur mariage. Steve Jobs a √©t√© √©lev√© par Paul et Clara Jobs, un couple de Califoriens modestes. Le co-fondateur d'Apple, Steve Wozniak, a racont√© de son c√īt√© qu'il avait fondu en larmes en apprenant a posteriori, plusieurs ann√©es plus tard, que Jobs l'avait escroqu√© aux tout d√©but de leur collaboration. A l'√©poque, Apple n'existait pas. Les deux hommes avaient √©t√© embauch√©s par Atari pour r√©duire le nombre de processeurs dans une console de jeux. Steve Wozniak, le meilleur ing√©nieur des deux, y √©tait arriv√© au-del√† de toute esp√©rance et Apple avait confi√© √† Jobs 5.000 dollars comme prime de r√©ussite. Mais Jobs avait racont√© √† Steve Wozniak qu'Atari ne lui avait donn√© que 750 dollars, qu'ils s'√©taient partag√©s. "Au bout du compte, Steve Jobs √©tait quelqu'un de formidable", conclut M. Enderle. "Souvent c'est le d√©faut qui est dans le diamant qui en fait la valeur".

afp.com